Kandinsky face aux images : comprendre l’origine de l’abstraction
Exposition au LaM, Villeneuve d’Ascq, jusqu’au 14 juin 2026
Après 18 mois de travaux, le LaM (Villeneuve d’Ascq) rouvre avec une exposition très attendue: Kandinsky face aux images.
Coorganisée avec le Centre Pompidou, cette exposition propose un angle passionnant : explorer la culture visuelle de Wassily Kandinsky.
Autrement dit, tout ce qui nourrit son regard — photographies, livres, dessins d’enfants, reproductions — et qui participe à la naissance de l’abstraction.
Le parcours s’articule autour de cinq grands thèmes : Souvenirs, Reproduction, Matérialisation, Légitimation et Inspiration.
Une manière claire et efficace de comprendre comment Kandinsky construit, déconstruit… puis réinvente l’image.
Souvenirs : peindre à partir du réel
Avant l’abstraction, Kandinsky peint encore le monde.
Paysages, souvenirs de voyages, impressions visuelles.
Mais déjà, quelque chose se joue : il ne cherche pas une reproduction fidèle, mais une mémoire transformée.
Les images — photographies, cartes postales, croquis — deviennent des supports pour raviver un souvenir.
Pas une fin en soi, mais un point de départ.


Reproduction : diffuser et expérimenter

Avec l’essor de l’imprimé, Kandinsky s’intéresse à la reproduction des images.
En participant à l’Almanach du Der Blaue Reiter, il explore de nouveaux formats : gravures, impressions, diffusion large.
L’image circule, se transforme, se réinterprète.
Ce n’est plus seulement une œuvre unique.
C’est un langage visuel qui se partage et qui s’expérimente.
Matérialisation : rendre visible l’abstraction
Comment donner forme à l’invisible ?
C’est tout l’enjeu de cette partie. Kandinsky développe un véritable vocabulaire visuel :
lignes, points, surfaces, couleurs. L’abstraction devient concrète.
Elle n’est plus une idée floue, mais une construction rigoureuse.
Un langage structuré, presque scientifique, qu’il développe notamment au Bauhaus.


Légitimation : faire reconnaître l’abstraction
L’abstraction ne s’impose pas immédiatement.
Kandinsky participe activement à sa reconnaissance, notamment au Bauhaus, aux côtés de Walter Gropius.
Il théorise, enseigne, structure sa pensée. Il donne des bases à ce qui pourrait sembler purement intuitif.
L’image devient alors un outil pédagogique, un moyen d’expliquer et de transmettre.

Inspiration : entre science, nature et imaginaire
Dernière étape : l’inspiration.
Dans les années 1930, installé à Paris après la fermeture du Bauhaus par les nazis, Kandinsky fait évoluer son langage.
Les formes deviennent organiques, presque vivantes.
On pense à des cellules, des organismes, des microcosmes.
On y perçoit aussi des résonances avec Joan Miró.
Et malgré un contexte historique lourd, certaines œuvres restent étonnamment lumineuses.
Comme si la peinture ouvrait un espace de liberté.


Kandinsky face aux images ne montre pas seulement des œuvres.
Elle montre comment un artiste apprend à voir. Observer, transformer, structurer, transmettre.
Et c’est sans doute ce qui rend l’exposition si réussie :
elle donne des clés pour comprendre que l’abstraction n’est pas une rupture… mais une évolution.
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