6 choses à savoir sur Maurizio Cattelan
Un pape terrassé par une météorite. Une banane scotchée à un mur, vendue plusieurs millions de dollars. Des toilettes en or massif, dérobées dans un château anglais. Difficile de trouver un artiste vivant qui ait autant fait parler de lui — et autant divisé — que Maurizio Cattelan. Portrait d’un provocateur devenu l’un des artistes les plus cotés de sa génération.
1. Un autodidacte venu de la menuiserie
Né à Padoue en 1960, Cattelan n’a suivi aucune formation artistique classique. Avant de devenir artiste, il a été menuisier, puis designer de meubles — un parcours atypique qui explique en partie son rapport très libre aux codes de l’art savant. Il vit et travaille aujourd’hui entre New York et Milan.

2. Son premier coup d’éclat : louer son propre espace d’exposition
Pour sa première apparition internationale, à la Biennale de Venise en 1993, Cattelan ne présente aucune œuvre. Il loue purement et simplement son espace d’exposition à une agence de publicité, dans une action intitulée Lavorare è un brutto mestiere (« Travailler, c’est un mauvais boulot « ). Le geste donne le ton : chez lui, l’art interroge autant les institutions qui l’accueillent que le public qui le regarde.

Crédit photo : perrotin / Photographe : Marossi
3. Il s’attaque sans détour aux figures d’autorité
La Nona Ora (1999), une statue en cire du pape Jean-Paul II terrassé par une météorite, ou Him (2001), une effigie miniature d’Adolf Hitler agenouillé en prière : Cattelan n’a jamais reculé devant la controverse pour interroger le pouvoir, la religion ou l’Histoire. Ses œuvres cherchent moins à choquer pour choquer qu’à révéler nos rapports parfois irrationnels à l’autorité et aux symboles.

4. Des toilettes en or… volées dans un château anglais

America (2016), des toilettes entièrement fonctionnelles en or 18 carats installées au Guggenheim de New York, ont connu un destin presque plus rocambolesque que l’œuvre elle-même : lors d’une exposition à Blenheim Palace en Angleterre, la pièce a été dérobée en pleine nuit en 2019, jamais retrouvée depuis.
5. Une banane à 6,2 millions de dollars
Comedian (2019), une simple banane scotchée à un mur, est sans doute son œuvre la plus virale. Présentée pour la première fois à Art Basel Miami en 2019, elle a été adjugée 6,2 millions de dollars chez Sotheby’s en novembre 2024, achetée par l’entrepreneur Justin Sun — qui a ensuite mangé la banane en public. Au-delà de l’anecdote, la vente illustre la capacité de Cattelan à transformer un geste dérisoire en véritable phénomène de marché.

6. Une reconnaissance qui dépasse la provocation
Grâce à ses coups d’éclat, les œuvres de Cattelan figurent aujourd’hui dans les plus grandes collections institutionnelles au monde, du Guggenheim à la Pinault Collection. C’est ce qui distingue un simple buzz d’une vraie trajectoire d’artiste : la capacité à continuer de faire parler de soi, des décennies après ses premiers gestes, tout en s’inscrivant durablement dans l’histoire de l’art.
Provocateur assumé ou fin observateur de nos contradictions ? Sans doute un peu des deux — et c’est précisément ce qui rend Maurizio Cattelan aussi difficile à ignorer.